Héritage Senan

Louis Capart

Extrait de l'album "Héritage Senan"
Paroles et musique : Louis Capart
© 2001 - Keltia - B00005OSYN

 

 

Nous sommes du pays où la mer et le vent

Ont donné aux rêves des enfants

Le goût salin des pierres usées par les embruns

Et la pluie compagne des chagrins

Et la pluie compagne des chagrins

Un pays si petit face au grand océan

Qu’on ne voit pas son ombre au couchant

Un trait sur l’horizon fait de quelques maisons

De granit et de brun goémon

De granit et de brun goémon

 

Ici par grand soleil aux langueurs des étés

Peu de plages où l’on vient se dorer

Un nuage effacé ne fait pas oublier

Qu’une vague peut tout emporter

D’une roche fragile à l’abord des gros temps

Bateau frêle à la cape souvent

Quand la Vieille au levant et l’Ar Men au Ponant

Veillent toujours la vie des Sénans

Veillent toujours la vie des Sénans

 

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais

Que l’on porte en soi comme un secret

Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous

Toute l’histoire de ce Caillou

 

L’Ile de Sein rebelle à l’usure des vents

Tient debout et porte ses enfants

Ceux qui restent l’hiver ou ceux qu’une misère

A poussés vers d’autres continents

A poussés vers d’autres continents

C’est la Voix de notre île entendue dans la ville

A l’écho des douleurs de l’exil

Qui unit chaque feuille que la vie éparpille

Et refait l’arbre de la famille

Et refait l’arbre de la famille

 

Ce bel arbre nomade aux branches vagabondes

Qui jetait des ponts vers d’autres mondes

Revient toujours à terre au cœur de l’île-mère

Où ses pas mènent au cimetière

Où ses pas mènent au cimetière

Croisée des grands chemins des vivants des défunts

Quand de loin le passé nous revient

En écriture d’or près d’un nom familier

On découvre « Joie aux trépassés »

On découvre « Joie aux trépassés »

      

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais

Que l’on porte en soi comme un secret

Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous

Toute l’histoire de ce Caillou

 

Des pierres du village aux murs des petits champs

Chacun porte héritage d’antan

Quand l’horizon marin vers la Chaussée de Sein

Etait pour l’île son grand jardin.

Etait pour l’île son grand jardin.

Des siècles disparus le Sénan est têtu

Il a pris Patience pour vertu

Quand du Sud en Guilcher, du nord en « Loup de mer »

Quelqu’un porte toujours nos bannières

Quelqu’un porte toujours nos bannières

 

Dans le noir dont les femmes habillent la tristesse

Un îlien voit toujours la tendresse

Qui éclaire sous la Jibilinenn austère

Le beau visage d’une grand-mère

Le beau visage d’une grand-mère

Lui racontant le soir de si belles histoires

Qu’elles sont restées dans sa mémoire

Comme autant de chansons empreintes du breton

Le plus beau, celui de la Maison

Le plus beau, celui de la Maison

        

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais

Que l’on porte en soi comme un secret

Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous

Toute l’histoire de ce Caillou

 

Sur la route du phare où l’on flâne rêveurs

Au Nifran, au Lenn ou au Gueveur

Au Men Brial en vue des bateaux attendus

On jette l’ancre sur l’imprévu

On jette l’ancre sur l’imprévu

Le monde se refait dans les bistrots des quais

Où l’on va Iliens ou Paimpolais

Par marées de bonheur ou de mélancolie

On pourrait chanter toute la nuit

On pourrait chanter toute la nuit

 

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais

Que l’on porte en soi comme un secret

Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous

Toute l’histoire de ce Caillou

 

«Qui voit Sein voit sa fin», «Nul n’a franchi le Raz

Sans connaître ni peur ni Dégâts»

Ces dictons répétés qu’on voudrait oublier

Reviennent à l’heure d’embarquer

Reviennent à l’heure d’embarquer

D’Audierne ou Douarnenez l’Enez Sun est passé

Par des grains, des vagues déchaînées

Mais l’on garde quand même cette crainte du jour

D’un possible départ sans retour

D’un possible départ sans retour

 

Notre petit royaume aux mille paysages

Mille roches aux terribles visages

Nous apporte la paix lorsque le vent se tait

Que l’île reprend vie sur les quais

Que l’île reprend vie sur les quais

Des ruelles on entend le rire des enfants

Ou Kornog à l’église en passant

Quitter l’île à l’instant s’éloigner du rocher

Ce serait partir à l’étranger

Ce serait partir à l’étranger

                                                  

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais

Que l’on porte en soi comme un secret

Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous

Toute l’histoire de ce Caillou

 

 

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